J’étais très enchantée qu’on m’ait offert l’épreuve non corrigée du Chercheur. Ce genre de texte me plait particulièrement. Je salivais à l’idée de m’évader dans une aventure initiatique écrite sous la forme romanesque. Ça change des trucs arides, moins poétiques, qui ne laissent pas beaucoup de place pour l’imagination. La littéraire en moi jubilait. Après tout, ce premier tome d’une trilogie a été traduit en plusieurs langues avant d’être offert en français.

Si l’homme  m’interpelle par sa quête et par son surprenant chemin, son texte, dont les premières pages m’emballaient, à fini par me tiédir. Tiédir dans le genre presque froid.

Alors que sa vie frôle le néant, un appel téléphonique le place sur le chemin du Voyant, un être qui va transformer son existence. Je l’aurais appelé plutôt le Guérisseur, mais je ne m’enfargerai pas dans les fleurs du tapis. De façon plutôt inusitée, dans une atmosphère onirique, il rencontre cet être énigmatique à Montségur, endroit mythique et historique où les cathares ont trouvé la mort par centaines sur le bucher. Les épreuves physiques que le Voyant lui impose démontrent en réalité à quel point notre narrateur s’encombre de toute cette lourdeur reliée aux maladies, aux émotions, aux pensées et à sa résistance à tout laisser aller pour vivre pleinement et intensément le présent.

Ce roman initiatique, où la réalité dépasse complètement la fiction, s’adresse au lecteur avisé. Les impressions, les personnages et les évènements flottent dans un espace-temps vaporeux, abolissant d’emblée ces lignes droites et bien définies qui rassurent notre égo. Le défi de certains passages, c’est qu’il faut laisser le mental de côté, ne pas essayer de rationaliser, de visualiser avec nos limites et notre propre compréhension. Autrement, on s’y perd. Mieux vaut ressentir le texte que d’essayer de croire. Autrement, nous sommes fichus, car l’égo adore s’en mêler.

En ce sens, le livre en raconte peut-être un peu trop. Trop de détails sur une expérience trop intime et abstraite. À lire ce trop-plein de flux cosmogonique et énergétique, page après page, ligne après ligne, même un lecteur averti risque de frôler l’overdose. À petite touche, le roman aurait sans doute été plus agréable à lire. Ici, je pense à L’Alchimiste.

Je suis pourtant à l’aise avec les énergies subtiles, le pouvoir de guérison à distance, la conscience du foisonnement de l’invisible. J’ai l’habitude de ces textes, de cette pensée, de ce ressenti. N’empêche, cette autobiographie romancée m’a laissée plutôt froide, lectrice distancée par ce texte qui se trouvait devant moi, comme s’il ne me concernait pas, comme si je ne m’y retrouvais pas. Pourtant assez court, j’ai mis trop de temps pour le terminer. Lisant principalement le soir, je m’endormais entre les pages, les longues explications abstraites ayant sur moi un effet soporifique. Dommage, car l’enseignement qu’il contient mérite d’être divulgué partout dans le monde. Seulement, sa forme un peu trop abstraite en rebutera sans doute plusieurs.

Pourtant, j’aurais voulu AIMER ce livre. Il n’est pas mauvais en soi. Il m’attire en même temps qu’il me rebute. Je suis restée accrochée au sommet de Montségur, subjuguée par cette quête d’un Graal spirituel, de cette forme élevée de conscience que les cathares possédaient. Le reste, pour moi, s’est transformé en une pâle impression.

Je le relirai peut-être, d’un seul trait, cette fois-ci, sans poses trop longues ou en évitant les petites doses, pour ne pas me laisser distancer par le texte. Telle a été mon erreur, je crois. Le lire en petites bouchées n’a fait que m’éloigner de ce qui, au départ, avait drôlement piqué ma curiosité.

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