Archives mensuelles : février 2012

“Mange ta viande!”

“Mange ta viande!”

Pour moi, cette simple petite phrase signifiait,du temps de mon enfance, « mange le petit poulet qui a été égorgé », « mange cette vache qui n’a jamais vu la couleur du ciel », « mange ce petit cochon qui jamais ne pourra respirer l’air frais de la campagne ». Je me rappelle cette femme, infirmière psychiatrique de métier, qui se moqua de moi alors que je mangeais du bout des lèvres un cipâte de lièvre et de toutes sortes de petites bêtes de la nature: “Ton problème, ma chère, il est entre tes deux oreilles ». Dans ce même cipâte, il restait un morceau de balle.

Mais là n’est pas mon propos. Avec les ans, et surtout avec ma pratique du yoga et de la méditation, et les soins énergétiques, mon dégoût de manger des êtres conscients est revenu, et j’en suis bien heureuse. J’apprécie la cuisine végétarienne plus que jamais, quoique manger végé dans une famille de carnivores peut représenter un problème. Tant pis! La prochaine fois, j’amènerai mon tofu et mon excellent végépâté à la pistache sans pistaches. Kin toi!

Flocon flocon, minuscule mandala au coeur de ma campagne

Flocon flocon, minuscule mandala au coeur de ma campagne

Oh! Ah! Hi!

Me voilà complètement en extase, inclinée devant cette beauté folle de la nature. Ce matin, petit matin bien ordinaire. Je me lève, sonne la clochette dans toute la maison:  « dreling, dreling, il faut se lever! » Je prépare le déjeuner, les collations, coiffe (rapidement) les cheveux longs de ma fille et vite! À l’autobus! 7 h 32, nous sortons. 7 h 33, les enfants filent au loin, happés par la grosse bête jaune et noire.

7 h 34:  je remonte l’allée, contemple distraitement le terrain et ma belle rivière. Je regarde au sol. Et là, je m’immobilise. Paralysée. Comme estomaquée. Estomaquée par la beauté du tapis de neige que je piétinais en toute inconscience sous mes grosses bottes brunes à coutures roses.

En plongée, tout autour de moi, un immense tapis immaculé. De loin, on aurait dit de la ouate luisante. De près, la ouate se métamorphosait en un magique tapis finement tissé par les minuscules mandalas de flocons de neige. Chaque flocon se détachait de l’autre, et tous ensemble formaient un tout majestueux. J’y ai même trouvé de minuscules petites fleurs de neige. Elles étaient très petites, pas plus grosses qu’une tête d’épingle, mais j’aurais bien pu en compter les pétales tellement elles étaient fines et intactes. À imaginer le nombre de mandalas qu’il faut pour créer un si vaste tapis, j’en étais étourdie!

Je me promets dorénavant de prendre le temps de contempler ce que foulent mes pieds. C’est dans l’instant présent que se trouve la beauté!