Pour moi, cette simple petite phrase signifiait,du temps de mon enfance, « mange le petit poulet qui a été égorgé », « mange cette vache qui n’a jamais vu la couleur du ciel », « mange ce petit cochon qui jamais ne pourra respirer l’air frais de la campagne ». Je me rappelle cette femme, infirmière psychiatrique de métier, qui se moqua de moi alors que je mangeais du bout des lèvres un cipâte de lièvre et de toutes sortes de petites bêtes de la nature: “Ton problème, ma chère, il est entre tes deux oreilles ». Dans ce même cipâte, il restait un morceau de balle.
Mais là n’est pas mon propos. Avec les ans, et surtout avec ma pratique du yoga et de la méditation, et les soins énergétiques, mon dégoût de manger des êtres conscients est revenu, et j’en suis bien heureuse. J’apprécie la cuisine végétarienne plus que jamais, quoique manger végé dans une famille de carnivores peut représenter un problème. Tant pis! La prochaine fois, j’amènerai mon tofu et mon excellent végépâté à la pistache sans pistaches. Kin toi!