Huit mois plus tard.
Ma maison est la même. Mes vêtements sont toujours les mêmes, tachés d’eau de javel et d’huile d’olive. Mon terrain est toujours aussi vaste, et le voilà même couvert d’une neige folle, un voile oblique de flocons venu du ciel et qui ne finit plus de s’étendre sur les terres gelées et désertiques de mon coin de campagne.
De l’extérieur, dans leur matérialité pure, les choses n’ont pas changé. J’ai même attiré des voleurs, le mois dernier, imaginez! Faut dire que je ne suis peut-être pas tout à fait alignée, mais ça s’en vient, un pas à la fois, un soir à la fois.
Car nous attirons au quotidien nos rencontres, nos malaises, fractures, chute dans l’escalier, virus, rhumes, tendinites et autres blessures et événements de toutes sortes. En d’autres mots, nous attirons au quotidien que ce qui est en parfaite harmonie avec nos énergies subtiles. Simple, non?
La méditation apporte un nouveau regard sur la vie que nous créons au quotidien, car nous sommes bel et bien les créateurs des joies et des merdes qui nous entourent, et les créateurs des joies et des merdes de tout le monde. Simple, non? Quand j’ai découvert cette évidence, en lisant le merveilleux « Formes-Pensées: découvrir et comprendre leurs influences sur notre santé et sur notre vie », d’Anne Givaudan, je suis restée assise sur le divan de longues minutes, triste d’apprendre cette terrible vérité, mais elle était déjà au fond de moi, je savais déjà tout ça, intuitivement. Heureuse, aussi, de savoir que je m’outille, chaque soir que je médite, c’est-à-dire tous les soirs, à construire et à déconstruire mon univers, à rendre plus fines mes énergies afin de me défaire de ces formes-pensées inutiles et nuisibles, et d’empêcher la création d’autres formes-pensées. N’est-ce pas là le but de notre vie?
Qu’on me croit folle, ésotérique, créatrice de pensée magique, sectaire, sans allure (ce qui est un peu vrai), disciple d’un guru à robe blanche, tout ça m’importe peu et me fait même sourire dans ma barbe secrète. J’aurais pensé un peu la même chose de moi il y a dix ans.
Ce que nous pouvons évoluer, en dix ans! Et encore, malgré mon avancement, malgré mes expériences méditatives, ce que j’ai pris pour des kilomètres de progrès n’est en réalité qu’un tout petit pas de rien, minuscule, à peine perceptible dans l’univers.
Qu’à cela ne tienne! Non, rien de rien, non, je ne regrette rien! Comment regretter cette chose absolument magnifique? Comment regretter ce retour vers soi, à explorer les énergies subtiles qui sont là, en nous, depuis le début des temps, et qui stagnent et nous créent des situations difficiles et des maladies de toutes sortes et de toutes les couleurs parce que nous ignorons tout bonnement comment les utiliser, ces énergies, comment les raffiner, les purifier, et les transposer dans les endroits douloureux du corps, et dans les moments douloureux de notre vie?
Voilà tout ce que j’ai appris, par moi-même, grâce à des techniques simples de méditation énergétique. Trois fins de semaine. Six petites journées sur dix-huit semaines pour apprendre à repérer ces énergies subtiles et à les raffiner. L’apprentissage se fait sur toute une vie, et même au-delà, mais les résultats sont simplement extraordinaires.
Folle, moi?
Certainement pas!